Maman, c’est dur d’être un adulte?

La pré adolescence de mon fils lui fait prendre conscience que petit à petit il s’en va de son enfance pour rentrer dans une nouvelle ère. On m’avait prévenu que l’arrivée au collège allait changer mon petit garçon et en moins d’un trimestre ce changement est flagrant!

Son besoin d’autonomie, son envie de faire comme les grands, sa façon de réagir et de penser… Un tourbillon dans lequel il m’embarque et me remet en question sur ma façon de l’éduquer. Il se trompe parfois, fait ses propres expériences mais toujours avec cette fierté de se sentir grandir. Il me ramène à ma propre pré adolescence et je suis heureuse de me souvenir de ce regard que j’avais sur le monde à cette époque. Ce regard sans recul mais qui donne une authenticité pour chaque chose que tu vis. A cet âge tu es toujours naïf mais tu commence à te demander où cela va te mener.

Il se pose des questions sur mon monde d’adulte et veut comprendre pourquoi nous avons telle ou telles réactions face aux évènements de la vie. Il nous entend parler de factures, de politique, d’argent, de priorité alors que ses propres problèmes sont ses amitiés, ses autorisations de jouer à sa tablette, les contrôles surprises et « que va-t-il avoir pour noël ».

Maman, c’est dur d’être un adulte?

Dans ma tête un gros « Oh Oui mon amour » résonne mais la vérité ne fera-t-elle pas trop peur à cet enfant d’à peine 11 ans?

Petite je rêvais d’être grande. Tu sais qu’enfin tu trouveras les réponses à « tu comprendras quand tu seras plus grande » et tu as l’impression que les grands ont la liberté de faire ce qu’ils veulent… Je ne me doutais pas que le mot responsabilité allait guider chaque pas de ma vie d’adulte me faisant découvrir les nuits blanches d’inquiétude, les larmes de « ne pas y arriver », les doutes sur mes capacités à gérer et l’importance du regard que les gens auront sur ma famille et moi.

J’ai demandé à mon fils à partir de quand il pense que l’on est adulte. A 18 ans? A la fin de nos études? Quand on fonde une famille?

Il m’a répondu qu’il ne savait pas mais que de toute manière on était obligé d’y passer.

Il a raison. Quoique tu fasses dans ta vie, quoique tu décides à un moment tu es obligé de devenir un adulte.

Personnellement j’ai eu beaucoup de mal à grandir et à accepter la froideur des personnes ayant passer le cap. Comme si devenir un adulte te rendait distant, froid comme si la raison rimait avec égoïsme, individualisme… Bref vaste programme qui ne donne carrément pas envie d’y mettre un pied dedans!

Et pourtant tout te pousse à prendre ta vie en main et plus tu avances en âge plus tu remarques que vivre ses rêves est compliqué. Si tu n’y arrives pas dans un temps limité il est difficile de reculer l’échéance pour essayer une nouvelle fois. Je m’en suis bien rendu compte lorsque j’ai raté mon concours et qu’aujourd’hui je dois trouver un travail, faire mon boulot d’auto entrepreneuse à côté et quand « j’aurai le temps » réviser une nouvelle fois mon concours….

Quand j’avais une vingtaine d’année je n’avais pas besoin de plus de deux semaines pour me trouver un boulot correct, payé normalement. Aujourd’hui je postule face à ces jeunes pleins d’ambition et je vois bien que ce n’est plus aussi facile.

Être adulte c’est apprendre à être patient car tout n’arrive pas tout cuit dans tes mains. Être adulte c’est apprendre à te battre contre les administrations qui inondent ta boîte aux lettres de papiers à remplir, à envoyer et qui ne te ratent pas si tu as loupé l’échéance. Être adulte c’est être prévoyant et je crois que c’est une vertu qui demande beaucoup d’entrainement. Être adulte c’est savoir prendre du recul et de regarder à demain (la prévoyance Candice oui oui la prévoyance encore et toujours). Ce n’est pas parce que la situation est compliqué qu’elle est sans issue!

Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’être adulte c’est d’arriver à garder son âme d’enfant. Car c’est bien joli de lister les responsabilités, les obligations mais finalement le plus important c’est d’arriver à être heureux avec ce que l’on a.

Alors oui mon fils, avoir le statut d’adulte est difficile mais il le sera toujours moins si dans ton regard tu arrives à t’émerveiller de ce qui t’entoure, à profiter des instants simples comme une journée ensoleillée, à prendre du temps (toujours!) pour faire ce que tu aimes même si ce n’est que quelques minutes dans ta journée

Ma vie d’adulte n’a jamais été aussi dure qu’aujourd’hui mais elle n’a jamais été aussi belle. Ma vie d’adulte est belle à leur coté. Ma vie d’adulte est belle dans leurs rires, leurs bêtises, leurs câlins. Ma vie d’adulte près d’eux est pleine de couleurs, d’odeurs et de musique. Finalement tous ces efforts que je fournis au quotidien en valent la peine, ce n’est pas grave si je n’arrive pas à avoir tout ce dont j’espérais tant que je palpe le bonheur.

N’ai pas peur mon fils de grandir, n’ai pas peur de ce qu’il t’attend. Tu apprendras comme tu apprends aujourd’hui. Tu auras mal, tu tomberas mais finalement tu te souviendras que du beau, tu te battras pour remonter. Comme dis ta mère quand on est au fond du trou on ne peut que remonter!

Aime, joue, apprend, vit mon amour! Et sache que je serai toujours fier de toi!

Moi, 33 ans, adulte, maman de 4 enfants aux caractères différents, je sais que vous prendrez chacun la route que vous aurez décidé et je ne me permettrai jamais de vous comparer. La vie m’a bien montré que tu peux tout réussir un jour et ne plus rien avoir le lendemain et vice versa alors je ne me permettrai jamais de juger l’instant T. C’est ça mon rôle c’est de vous accompagner pas de vous faire encore plus de mal par des paroles dévalorisantes quand vous trébucherez je sais à quel point cela peut faire du mal. Alors je resterai à ma place et je croirai en vous car vous êtes la plus belle chose que j’ai au monde.

Spizmum

Un commentaire sur « Maman, c’est dur d’être un adulte? »

  1. Oui, quand les enfants entrent en 6ème, ils grandissent d’un coup. Ils se retrouvent coincés entre l’enfant qu’ils ont été et l’ado qu’ils vont devenir. C’est une période de transition…
    Je ne sais pas quand on devient adulte. On ne l’est jamais complètement, je crois. Parfois l’enfant en nous se dit : « Han, mais je suis maman, j’ai un métier, je paie des factures… je dois être adulte alors! » Et quelques minutes après, il joue à Hippo Glouton comme s’il avait encore 5 ans. C’est pas si mal, d’être adulte, quand on n’a pas oublié qu’on était un enfant.

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