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Mon passé

Depuis quelques mois j’ai tout recommencé. Encore.

La première fois fut difficile. J’avais 15 ans. L’age de mon fils aujourd’hui. Un jour, j’ai appelé ma mère et je lui ai demandé de venir me récupérer alors que je vivais chez mon père. J’ai tout laissé. Mes amis, mes affaires, mes animaux de compagnie, ma vie et même “petit coton” mon doudou qui m’a tant accompagné. Je n’y retournerai jamais. Plus jamais je ne reverrai mon chez moi et je suis partie sans laisser de mot… rien juste le silence de mon absence. 

Sans père, j’ai tout reconstruit. Un nouveau lycée, une nouvelle vie. Mais être une ado avec des blessures c’est compliqué et mes relations sont difficiles. Je rencontre un groupe de jeunes qui me font me sentir bien. Une nouvelle famille avec laquelle je ressens à nouveau que je suis importante. J’ai intégré une communauté religieuse, avec des personnes extraordinaires. J’ai rencontré mon premier amour, les règles nous ont mariés. Mais la jeunesse se passe et je sens que rien ne me ressemble dans ma vie. 

Je me rebelle en mode crise d’ados, transgresse les limites. 

Je me retrouve à 21 ans divorcée avec Paul qui grandit dans mon ventre. Je recommence à nouveau. J’accoucherai avec une amie et Paul arrive au monde sans amour paternel. 

J’apprends à être maman en écoutant un peu trop l’entourage. Je m’arme de toutes mes forces pour porter ce rôle de “père-mère” et j’ai rencontré Julien.

Julien, l’homme de ma vie, gravé dans ma peau tellement je le respire. Je me sens vivante près de lui. Je me sens heureuse et rien ne pouvait entacher ce beau tableau. 

La vie et ses épreuves montreront la solidité du couple. Nous devenons mythique et on aurait pu presque nous envier. 

La dépression. On m’avait répondu qu’elle était destructrice. Je ne pensais pas à ce point. Je n’y croirai pas et j’espère vite la fin du tunnel. Retrouver un équilibre, c’était indispensable et je me sentais forte. Les années ont eu raison de moi (et les litres de larmes).

J’ai accepté que je ne pourrai pas guerir à sa place, je ne pourrai pas faire le rôle d’infirmière, de psy, de femme, de mère… La charge mentale débordait. Le plus difficile dans la dépression c’est d’accepter que l’on est malade. Il ne l’accepte pas et nous fait vivre l’enfer.

La suite j’ai encore du mal à en parler. J’ai encore ce nœud dans la gorge, les larmes aux yeux et le cœur serré. Notre histoire ne pouvait pas finir sans dégât, on s’aimait trop fort. Mais les dommages que ça a causé ne me permettent pas d’imaginer aujourd’hui que je puisse à nouveau faire confiance, d’être heureuse avec quelqu’un d’autre. Et ça me va. 

A terre, on se rend compte qu’on ne peut que se relever. Bien sûr je l’ai fait pour mes quatre garçons. Ils ne méritaient pas que je les laisse pour abréger ma souffrance de l’abandon car oui mon amoureux m’a abandonné en refusant toutes formes de soins. 

Les dernières années de vie conjugale, je ne le reconnaissais plus. Ses gestes, son regard, ses paroles puis ses actes ont mis un terme et ont fermé mon cœur à double tour.

Cela fait partie de mon passé. Tout cela est enfin derrière moi. Même si la douleur est encore vive. Tous les jours, je vois ce tatouage avec son prénom. Je ne souhaite pas le retirer. C’est mon histoire mais j’aimerai trouver une solution pour qu’il soit moins visible. Agrémenter de fleurs peut être pour continuer à me rappeler que cet homme m’a un jour fait vivre le bonheur.

Mon passé, je pourrai en écrire un livre. J’y pense. Au moins le faire pour moi. Comme une thérapie mais là tout de suite j’ai besoin d’avoir de nouveaux projets avant de remuer la vase qui se cache dans mon lac d’émotions. Je vais bien, je vais mieux. J’ai retrouvé mon souffle. 

Travailler sur soi, c’est se remettre en question. Prendre chaque petit point de ton existence un par un. Ma couleur préférée? Mon parfum? Mes envies? Après la rupture, je ne savais plus rien à part qu’il fallait que je m’en sorte. 

Le jour où j’ai décidé de ne plus revenir. En me levant ce matin-là, je ne savais pas. Je ne savais pas que je prendrai ma valise, que j’y mettrais tout et n’importe quoi en tremblant. Je ne savais pas que j’allais prendre mes enfants avec 20 balles en poche en pyjama pour partir loin de ce cauchemar. 

Dans cette voiture en pleine après midi, la seule chose que je réalisais c’est que je ne reviendrai jamais. Aucun retour en arrière n’est possible après ce qu’il s’était passé. La force de partir, c’est mes enfants qui me l’ont donné. Benjamin m’a regardé et m’a dit “ Maman faut s’en aller”. 

Plus jamais je ne souhaite refaire vivre cela à mes enfants. Plus jamais je ne souhaite revivre cela tout court. Je ne le méritais pas franchement… et encore aujourd’hui je me demande pourquoi j’ai mérité cela.

Mon passé fait celle que je suis. Une femme, une mère forte qui ne lâchera jamais. Je suis une amoureuse de la vie. Et quoiqu’il se passe, sois assuré que ça ira mieux. Promis.

1 réflexion au sujet de “Mon passé”

  1. Tu me fais pleurer…et je comprends mieux ta personnalité par ce texte qui a du être difficile à écrire mais aussi salvateur…il y a parfois des similitudes de vie qui ne s explique pas…mais si tu savais comme je te comprends….
    Biz
    Sabyne

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