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Debout

Bonjour, je m’appelle Candice et j’ai 39 ans. Bientôt la crise de la quarantaine pourront dire les bien pensants. Mais je n’ai pas le temps pour ça! Et tu vas vite capter pourquoi…

Franchement on aurai pu m’appeler Victoire cela m’irai comme un gant. Trop d’étapes, trop d’épreuves mais j’ai tellement vécu. J’ai un panel de souvenirs inoubliables que ça m’en fait presqu’oublier les atrocités qui se sont invitées à mon existence . J’ai eu mille vie qui m’ont mené là où je suis. Debout.

4 enfants, 6 chats, 84m2 d’appartement et un suv 7 places en panne sur le parking. Non équipé depuis 2017 de lave vaisselle (non par choix…) et depuis peu sans lave linge (non par choix non plus…) Nous galérons mais on arrive tant bien que mal à se dépatouiller. Certes gagner au loto arrangerai les choses mais la chance n’est pas vraiment de mon côté.

On a souvent du monde à la maison, souvent les mêmes et nos programmes peuvent changer en quelques heures. Nous sommes une équipe, une famille joyeuse, lumineuse et bienveillante. Welcome!

Je bosse à mon compte, je fais ce que j’aime. Il y a des mois plus simples que d’autres. Mais en ce moment faut l’avouer c’est très tendu. Je suis sous l’eau ou sous les factures c’est toi qui choisi. J’ai besoin de force et je la cherche en moi.

Souvent on me demande ce que je fais. Mon métier ne rentre pas vraiment dans une case. C’est un mix de discipline basé sur de la création que ce soit par la photo, l’écriture, le dessin, un mélange de tout ça. Alors je dis que je bosse dans le digital et la communication. Ça passe. Mais la plupart du temps au lieu de voir un partage avec une communauté, on dira qu’on s’expose, qu’on étale… bref c’est un métier qui demande beaucoup mais beaucoup de confiance en soi. Quand tu passes cette étape c’est juste du bonheur. J’aime jouer avec l’algorithme, trouver la meilleure manière de communiquer. Les projets créatifs c’est ce que je trouve de plus vibrant. J’aide à faire ressortir le meilleur et me réjouir quand je vois les fruits des graines que j’ai planté.

Je suis malade (putain que je déteste cette phrase) mais c’est un fait. Je suis une maman qui est malade et ça c’est vraiment compliqué au quotidien. J’ai des maladies auto immunes qui tantôt sont endormis. On appelle ça des phases de rémission. Puis elles peuvent se réveiller. Tout dégringole. Ce sont les phases de crises.

Je suis en crise sévère actuellement. Je l’ai très mal vécu à l’annonce du médecin. C’était trop injuste. J’ai côtoyé le déni. Gardant cela pour moi. Pensant que j’allais guérir vite et j’aurai sorti la nouvelle lors d’un repas. Comme si de rien n’était.

Les diagnostics sont degueulasses. Ils sont moches à regarder. Ils sont inacceptables après mon parcours.

Alors je me bats.

Se battre avec son corps, son esprit et son âme.

Chaque matin mon réveil sonne une demi heure plus tôt. Je dois me masser les jambes car elles dorment profondément. Aussi souple qu’un manche à balai je galère les dix premières minutes car elles pèsent le poids d’un âne mort (elle est horrible cette expression!).

Je leur redonne vie. Trente minutes c’est long. Alors en effectuant ce rituel nécessaire je médite. Je me dis que c’est un temps pour moi. Même si je m’en passerai volontiers.

Des douleurs constantes. Je m’y habitue presque. D’ailleurs ça me rend triste car j’ai l’impression de ne pas vivre pleinement mes sensations. Elles sont tellement présentes que je crois que le jour où je n’aurai aucune douleur je vais trouver cela étrange.

Garder un moral de battante alors que tu vois que la maladie évolue. C’est dur. Très dur. Et je craque souvent. Mais pas longtemps car justement je n’ai pas le temps!

Au début j’ai couru de partout. Après le temps, après les gens, après l’argent… Par peur je pense. C’était incontrôlable.

J’ai arrêté de courir. Je suis fatiguée et ça ne sert à rien. La chute est encore plus rude. Je vis l’instant et je fais de mon mieux. Parfois je suis pleinement satisfaite de ce que j’accomplis, je suis fière. Puis il y a ces jours difficiles. Ces jours où tu t’excuses de ta faiblesse. Ces jours là je suis fière aussi car oui c’est vraiment putain de difficile. Mais je suis toujours là. Debout.

Je n’ai plus besoin de me répéter que je suis forte. Je le sais! Mais j’ai envie d’un cadeau de la vie. J’ai envie que ça soit mon tour de recevoir. J’ai envie de ++++ à en faire jalouser.

Je prends soin de moi. Je réponds à mes besoins. Je me suffis. C’est une réussite personnelle. Celle qui m’indique que je suis prête à vivre une relation de couple saine. Je veux que l’on soit une équipe, des co équipiers de la vie. Définissant nos propres règles sans se soucier de ce que vont penser untel ou unetelle tant qu’à nous ça nous correspond. Mais bon je n’en suis pas là et les seuls réglages que je fais c’est sur moi même.

Je suis la célibataire du groupe avec tout ce que ça implique. Ce statut c’est comme mon métier. Il faut beaucoup de confiance en soi pour en apprécier tous les bénéfices. Je me dis que je vis une période unique où je n’ai aucun compte à rendre et je le vis très bien. Ça fait rire les copines quand je raconte mes déboires. Si j’ai envie de le faire, je le fais. Je sais que quand ça sera Lui cette parenthèse s’achèvera. Mais en attendant je réfléchis sincèrement à écrire un livre sur la milf en 2022. Je suis à presque rien de me faire tatouer MILF en souvenir de cette période plutôt réjouissante. Un jour j’oserai peut être en parler librement . Ça pourrai lever pas mal de tabous. D’arrêter de culpabiliser. Je ne regrette rien. Je m’éclate. Je trouve qu’on se met trop de barrières et j’ai toujours des sujets de conversations croustillants à papoter qui sont les meilleurs remonte moral pour mes copines.

Je suis maman solo de 4 garçons. Leurs besoins, leurs traumas, leurs histoires ont autant d’importance que ma personne. J’essaie de les protéger et parfois ça dérape… voir sa maman malade ce n’est pas facile et je suis la seule qui peut les rassurer. Je me dépasse souvent pour qu’ils ne voient rien mais j’arrive à cacher de moins en moins ce qui me ronge. Ils m’écoutent et si je leur dis que je dois me reposer ils me respectent. Les enfants sont la meilleure raison de se dépasser et ils me le rendent merveilleusement. Quotidiennement ils me prennent dans leurs bras. Ça fait du bien. Ça me fait tellement de bien. Ça m’aide vraiment. J’ai besoin de cette tendresse pour tenir bon.

Et puis j’ai ce quotidien que je tiens à bout de bras. Les repas, le ménage, l’administratif et j’en passe. Alors oui je sors, je fais du sport, je fais des afterwork, des soirées, des restos, des escapades parce que si je ne fais pas ça j’étoufferai et deviendrai dingue. Je suis déjà malade alors on va éviter d’être folle!

Mon doc m’a dit que s’il devait parier sur un miracle, il miserai sur moi (il doit le dire à tous ces patients mais je vais me persuader que non ).

Apparement je serai ce genre de bout de femme que rien n’arrête. Celle qui apporte des fleurs dans la vie d’autrui. Avec un caractère de merde pour savoir ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut plus. Fragile, qui se recroqueville dans un coin en attendant que ça passe et solide comme un roc qui tient debout malgré les tempêtes. Débordant de dérision, d’humour et surtout de répondant!

Alors je vais le croire et continuer ma lutte pour lui donner raison de croire au miracle.

Candice

3 réflexions au sujet de “Debout”

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