Et après la colère, la victoire!

Il y a quelques semaines je vous ai partagé un coup de gueule concernant une décision de la maison de l’autonomie pour mon fils malentendant.

Coup de gueule que tu peux retrouver ici.

Cet article a été partagé de très nombreuses fois (merci). J’ai lu des dizaines de témoignages de parents désarmés face à la lenteur ou l’incompétence des administrations qui gèrent les handicaps de nos enfants. Cela m’avait énormément remué l’estomac…

J’avais donc refait tout son dossier et l’avais transmis à nouveau à la MDA. Quelques semaines après une première lettre m’indiquant qu’il manquait 2 pièces (et attention aux pièces!)

Il manquait la photocopie d’un justificatif d’identité (au cas ou mon fils aurai changé d’identité depuis 2012 (date d’ouverture de son dossier) et un justificatif de domicile (adresse écrite PARTOUT sur son dossier). J’en rigole de nerfs et me plie à leur demande. Je renvois ces deux papiers par RAR (mon budget poste à exploser en 1 mois) et attends…

Quelques semaines plus tard, le référant de Nounou me contacte pour prendre un rendez vous pour l’équipe éducative qui clôturera son dossier et amènera une réponse (ENFIN!). Par soucis du détail, je lui demande si par le plus grand des hasards il ne manque rien à son dossier et c’est là qu’il me répond qu’il faudrait un audiogramme récent…. Heu, il comptait me le signaler quand? Heureusement que la mère incompétente que je suis lui a demandé… Bref.

Après un audiogramme en urgence nous avons attendu la fameuse réunion pédagogique.

Je ne sais pas vous mais il est compliqué pour mon cœur de mère d’entendre une fois de plus ses faiblesses, ses difficultés à être compris à l’oral à cause de sa voix « étouffée ».

La gorge se serre, on empêche de faire venir les larmes, on essaye de gérer sa respiration mais on sent que l’on a les mains moites et que l’on transpire. Un mélange de tristesse, un mélange de culpabilité. Un court instant tu regardes la situation d’en haut et tu te dis « mais pourquoi mon fils!!?? » puis tu redescends à la réalité et tu continues à te battre.

Après plus d’une heure d’échange, le référant nous informe que le dossier passera « rapidement » en commission et que la décision sera pour la rentrée de 2017…

MAIS au vu de ses bons résultats scolaires il risque d’avoir une fois de plus un refus…

Ce référant, cette personne qui s’occupe du dossier de mon enfant, cette personne là nous a dit ça devant mon fils. Mon fils était déjà envahi de peur en se retrouvant devant tant d’adultes parlant de lui alors imaginez ce qu’il a pensé quand il a compris ce qu’un refus allait entrainer…

J’étais dégoutée mais je me préparai une nouvelle fois à combattre.

Et puis 24h après, dans ma boite aux lettres se trouvait une enveloppe blanche au tampon bleu que je connais trop. La MDA!

Je la tenais dans mes mains et n’osait l’ouvrir… Encore une demande de document (s), un refus? J’étais pétrifiée car fatiguée de ces nombreuses démarches. Et j’ai ouvert.

A ma grande surprise, le dossier de Nounou était déjà passé en commission le 7 mars soit une semaine avant l’équipe pédagogique. Et ils ont statué.

AVS: Accord jusqu’en juillet 2019

Micro HF: Accord jusqu’en juillet 2019

Equipe spécialisée pour enfants mal entendants : Accord jusqu’en mars 2019

TOUT EST ACCEPTE!!!!!!!!

Le combat est terminé, oui le combat administratif est fini!

Le référant n’était même pas au courant que c’était bon! Heureusement qu’il suit de près les dossiers des enfants qu’il a sa charge…. Mais je m’en fous car c’est la victoire qui compte désormais.

Cette nouvelle épreuve m’a prouvé qu’il ne faut rien lâcher, qu’il ne faut jamais baisser les bras. En tant que parents nous avons les ressources pour la force des combats pour nos enfants.

J’en ai pleuré à en avoir la migraine, je sautille encore et je ne suis pas prête de m’arrêter. J’ai le cœur qui bat la chamade et je suis si heureuse pour lui, mon amour, mon fils, ma vie ❤

Merci de vos soutiens, merci pour vos mots, merci pour cette victoire!

Candice, maman d’un enfant différent qui va pouvoir s’épanouir sereinement

Un mère en colère

Aujourd’hui j’ai vraiment envie de pousser ma gueulante car j’en ai marre de ce système! Allez je te raconte le topo.

Alors que nous vivons soit disant dans une société qui souhaite s’investir dans l’écologie, alors que nous pouvons de plus en plus gérer l’administratif par voie dématérialisée, alors que nous entendons aux informations quasiment tous les jours que la France s’engage à aider les enfants dans leur handicap, je me demande où j’habite et si je fais partie de la bonne case.

Evan, 9 ans, est déclaré sourd depuis ses 4 ans. Lorsque nous vivions à Marseille nous avions mis en place une aide pour l’aider à l’école par le biais d’une AVS. Certes la MDPH des Bouches du Rhône avait mis près de 7 mois à traiter le dossier mais nous avions eu un accord de 2 ans. Depuis nous avons déménagé en Bretagne et Evan avait pu avoir une AVS dès sa première rentrée (son accord était encore valable).

Nous avions eu une réunion pédagogique pour faire une nouvelle demande pour s’adapter au besoin de mon fils. Ah, elle était prometteuse cette  demande car mon fils pouvait bénéficier d’une aide au sein de son établissement scolaire, d’un micro pour son enseignante et d’une aide psychologique.Super! Génial! Je dirai même PARFAIT!

Après avoir fait le dossier plein de promesse pour un meilleur avenir nous avions eu … UN REFUS.

Ok….. J’ai retroussé les manches et j’ai contesté cette réponse. C’est vrai quoi! Pourquoi mon fils devait fournir deux fois plus d’effort que ces camarades pour y arriver? Un question de budget? C’est vrai qu’investir dans un micro HF coûte environ 2000 euros, je conçois que c’est une somme… Mais quand j’entends que dans certaines écoles, les grandes sections de maternelle bénéficient de tablette tactile INDIVIDUELLE j’ai juste l’impression que l’on se moque de moi.

Mais j’avais eu de la chance ils avaient reçu ma contestation… Leur réponse m’avait mise hors de moi car pour revoir LEUR décision pour l’avenir de MON fils la MDA du 56 m’avait donné une liste de documents à fournir longue comme le bras en me laissant un délai de 2 mois alors que pour certain comme des bilans orthophoniques nous ne pouvons avoir de rendez vous avant 4 mois MINIMUM (même si tu leur expliques l’urgence, pleures, harcèles … bref).

Ah mais ils avaient une solution avec la demande simplifiée qui soit disant est plus rapide… Par contre on n’oublie le SESSAD et le micro HF les gars, il ne faut pas être trop gourmand et on ne demande que l’avs.

Ok…. C’est mieux que rien alors on envoie par voie postale le dossier de la demande simplifié en avril et on attend…on attend…. on attend encore et paf! Quand tu rentres de vacances estivales (donc en aout) tu ouvres leur lettre te signifiant qu’ils REFUSAIENT car il manque des pièces … Heu ils ne se foutent pas un peu de ma gueule là!

Panique à l’école, panique du référant, TOTALE PANIQUE pour moi car Evan n’a soit disant pas d’AVS pour la rentrée!!!!!!

On en parle au téléphone avec son référant et on fait au plus vite! Mais bon attention! Tout doit être envoyer par lettre car par mail ce n’est pas valable …..Hum hum

La demande n’est apparemment pas arrivée (vilaine poste me suis-je dis). L’académie accepte gracieusement de laisser l’avs pour mon fils en attendant la validation de la MDA du Morbihan. Du coup, j’arrive à avoir le bilan ortho (en novembre) et tous les autres papiers et j’envoie cela par courrier RAR que je paye un bras mais qui me permettra d’être sure que le dossier va bien arriver. Utopie quand tu me tiens!

Hier, son référant m’appelle en disant que l’avs d’Evan est ANNULE! « Mais vous comprenez madame vous n’avez pas envoyé les papiers » Heu là ils me prennent carrément pour une conne! Désolé de la vulgarité car c’est vraiment comme ça que je le prends.

Je suis carrément sortie de mes gonds là! Et ce référant en a pris plein la tronche car il faut arrêter là! On joue à quoi? On joue avec l’avenir de mon fils?! Je passe pour qui? Pour une mère qui n’en a rien à cirer?

Il ose me dire que depuis le 29 aout je n’ai rien fait. Je lui rappelle à toute fin utile que je l’ai eu LUI à plusieurs reprises pour justement régler cette affaire et là il me dit que les appels ne sont pas une preuve!

Ah c’est bien d’utiliser l’adage « les paroles s’envolent mais les écrits restent » mais « il ne faut pas pousser mémé dans les orties! »

Je veux bien être gentille, polie, respectueuse et compréhensive (oui il faut être tout cela pour prétendre à ce que l’handicap de ton enfant soit pris en compte) mais là il faut que l’on m’explique qui a reçu mon dossier RAR….. Mais bon c’est tellement facile de mettre cela sur ma tronche! Car oui suite à notre conversation téléphonique sa seule réponse fut d’envoyer un mail à 5 destinataires dont l’école de mon fils signifiant que c’est de MA faute si Evan ne bénéficie d’aucune aide. C’est une blague là?!

Ce matin à l’école je suis passée pour je ne sais pas quoi d’ailleurs…. Devoir me justifier ainsi alors que je fais absolument TOUT pour le bien être de mes enfants et de ma famille, je suis sans relâche sur tous les fronts…. On me regarde comme si je pouvais régler les choses alors que NON! Je suis juste obligée de fermer ma gueule et de refaire ce putain de dossier pour la énième fois que je vais encore devoir envoyer en RAR et pour être certaine qu’il soit vraiment réceptionné l’amener en main propre!!!!! C’est normal ça les gars? C’est normal de trimer ainsi pour faire valoir les droits de mon fils? C’est normal de faire passer les parents d’enfant handicapé pour ce qu’ils ne sont pas à cause d’un soucis de LEUR système? C’est normal que je me retrouve dans cet état d’extrême colère à m’en faire péter ma santé?

Alors arrêtons de me dire qu’on va nous aider, nous soutenir, arrêtons de nous dire que les formalités sont traités rapidement, arrêtons de me dire que l’on se bat pour l’autonomie de mon fils car la Maison De l’Autonomie n’en a vraiment que le nom croyez moi!

Allez je vais vous laisser j’ai des photocopie à faire, des larmes à sécher et un dossier à envoyer en extrême urgence pour celui qui est la prunelle de mon regard et qui mérite bien plus que ma considération.

A bon entendeur!

Candice, maman d’un enfant sourd que personne n’entend (et pourtant la surdité n’est pas contagieuse…)

3 bougies

Aujourd’hui est un jour particulier pour toi mais aussi pour nous, ta famille. Il y a trois ans tu as ouvert tes yeux sur ce monde rendant le notre plus beau. Je te respire, je te serre près de moi sentant ce doux amour qui nous lie.

Une année de plus, une année où tu as beaucoup grandi.

C’est cette année où ton vocabulaire est venu charmer notre quotidien. D’abord des petits mots et aujourd’hui des phrases construites pour exprimer chacun de tes sentiments. Tu as explosé de joie en ouvrant tes cadeaux, tu nous as montré la grandeur de tes  3 ans en sautant, sautillant à la vue de tes présents spécialement choisis pour ce jour.

Cette année nous avons arrêté l’allaitement. Ce fut soudain, ce ne fut pas préparé, ce ne fut pas comme je l’aurai voulu mais cela s’est passé quand même sans trop de cris et de pleurs. Cela a été aussi difficile pour toi que pour moi mais nous avons trouvé des petits stratagèmes pour rendre cela plus doux.

Cette année nous avons arrêté le cododo… ou du moins tu as ta chambre avec ton lit que tu as choisi. Chacun a retrouvé un sommeil plus paisible envahissant la place entière qu’offre son logis. Je t’endors encore chaque jour, je te regarde fermer tes yeux sur tes journées et j’écoute ton souffle me bercer. Je te laisse ensuite, laissant ta porte entre-ouverte pour que tu n’es pas peur si dans la nuit tu te réveilles. Nous ne dormons plus ensemble ou presque car je m’attèle à répondre à tes besoins et je viens souvent me lover près de toi quand tu m’appelles.

Cette année tu es rentré à l’école, laissant ainsi le bébé derrière nous pour avancer en petit garçon au caractère bien trempé. Je suis encore émue de te laisser à la table des puzzles le matin et te voir évoluer dans ce monde d’enfants apprenant des comptines, t’appliquant dans tes activités de groupe. Tu n’y vas encore que le matin et finalement cela me rassure car la douceur de vivre chez ta « tata » te correspond encore mon petit grand en devenir.

Cette année tu t’es épris d’amour pour tous les engins de chantier et les tracteurs. Je revois tes yeux s’illuminaient dès que notre voisin passe devant la maison et te fait un signe rendu à ta petite main qui s’agite pour le remercier de passer par là. Tu peux y jouer des heures à bâtir tes villes imaginaires où tu n’oublies jamais de faire une aire de jeux car c’est important les aires de jeux pour jouer au tracteur dans le sable (et oui tu as 3 ans et tu es très pragmatique mon amour).

Cette  année tu as confirmé tes préférences de lecture. Tu aimes les 3 petits cochons et la barbe à papa. Je pourrai te les lire 1000 fois que tu ne t’en lasseras pas. Les histoires de loup te fascinent autant qu’elles te font peur. Mais je te soupçonne de me les demander pour te jeter au creux de mes bras pour te rassurer.

Cette année tu m’as montré à quel point tu es gourmand! Chocolat, bonbon mais aussi pâté et cornichons… Tu nous auras bien fait rire de tes envies culinaires même si elles ne rentraient pas vraiment dans les codes de la haute gastronomie.

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Cette année est passée bien trop vite. Je te vois grandir. Je te vois oublier ta toute petite enfance. Ces souvenirs si précieux que je vais garder près de moi et que je te raconterai inlassablement car ils font partis de ton identité.

Je sais que cette année ne va pas être de tout repos …. 3 ans …. c’est une période où tu vas encore plus me tester, où tu vas t’imposer alors que je te dirai non, où tu vas vouloir nous montrer à tout prix que tu es un grand!

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Une année fatigante et palpitante où je prendrai le temps de te regarder grandir. Oui mon amour, on prendra le temps de vivre chacune de tes victoires que je continuerai à noter dans ton carnet pour que tu saches toujours que

tu es un être exceptionnel, un être merveilleux.

Bon anniversaire mon petit Spizou

Ta maman qui t’aime aussi gros qu’un camion benne ❤

Maman, c’est dur d’être un adulte?

La pré adolescence de mon fils lui fait prendre conscience que petit à petit il s’en va de son enfance pour rentrer dans une nouvelle ère. On m’avait prévenu que l’arrivée au collège allait changer mon petit garçon et en moins d’un trimestre ce changement est flagrant!

Son besoin d’autonomie, son envie de faire comme les grands, sa façon de réagir et de penser… Un tourbillon dans lequel il m’embarque et me remet en question sur ma façon de l’éduquer. Il se trompe parfois, fait ses propres expériences mais toujours avec cette fierté de se sentir grandir. Il me ramène à ma propre pré adolescence et je suis heureuse de me souvenir de ce regard que j’avais sur le monde à cette époque. Ce regard sans recul mais qui donne une authenticité pour chaque chose que tu vis. A cet âge tu es toujours naïf mais tu commence à te demander où cela va te mener.

Il se pose des questions sur mon monde d’adulte et veut comprendre pourquoi nous avons telle ou telles réactions face aux évènements de la vie. Il nous entend parler de factures, de politique, d’argent, de priorité alors que ses propres problèmes sont ses amitiés, ses autorisations de jouer à sa tablette, les contrôles surprises et « que va-t-il avoir pour noël ».

Maman, c’est dur d’être un adulte?

Dans ma tête un gros « Oh Oui mon amour » résonne mais la vérité ne fera-t-elle pas trop peur à cet enfant d’à peine 11 ans?

Petite je rêvais d’être grande. Tu sais qu’enfin tu trouveras les réponses à « tu comprendras quand tu seras plus grande » et tu as l’impression que les grands ont la liberté de faire ce qu’ils veulent… Je ne me doutais pas que le mot responsabilité allait guider chaque pas de ma vie d’adulte me faisant découvrir les nuits blanches d’inquiétude, les larmes de « ne pas y arriver », les doutes sur mes capacités à gérer et l’importance du regard que les gens auront sur ma famille et moi.

J’ai demandé à mon fils à partir de quand il pense que l’on est adulte. A 18 ans? A la fin de nos études? Quand on fonde une famille?

Il m’a répondu qu’il ne savait pas mais que de toute manière on était obligé d’y passer.

Il a raison. Quoique tu fasses dans ta vie, quoique tu décides à un moment tu es obligé de devenir un adulte.

Personnellement j’ai eu beaucoup de mal à grandir et à accepter la froideur des personnes ayant passer le cap. Comme si devenir un adulte te rendait distant, froid comme si la raison rimait avec égoïsme, individualisme… Bref vaste programme qui ne donne carrément pas envie d’y mettre un pied dedans!

Et pourtant tout te pousse à prendre ta vie en main et plus tu avances en âge plus tu remarques que vivre ses rêves est compliqué. Si tu n’y arrives pas dans un temps limité il est difficile de reculer l’échéance pour essayer une nouvelle fois. Je m’en suis bien rendu compte lorsque j’ai raté mon concours et qu’aujourd’hui je dois trouver un travail, faire mon boulot d’auto entrepreneuse à côté et quand « j’aurai le temps » réviser une nouvelle fois mon concours….

Quand j’avais une vingtaine d’année je n’avais pas besoin de plus de deux semaines pour me trouver un boulot correct, payé normalement. Aujourd’hui je postule face à ces jeunes pleins d’ambition et je vois bien que ce n’est plus aussi facile.

Être adulte c’est apprendre à être patient car tout n’arrive pas tout cuit dans tes mains. Être adulte c’est apprendre à te battre contre les administrations qui inondent ta boîte aux lettres de papiers à remplir, à envoyer et qui ne te ratent pas si tu as loupé l’échéance. Être adulte c’est être prévoyant et je crois que c’est une vertu qui demande beaucoup d’entrainement. Être adulte c’est savoir prendre du recul et de regarder à demain (la prévoyance Candice oui oui la prévoyance encore et toujours). Ce n’est pas parce que la situation est compliqué qu’elle est sans issue!

Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’être adulte c’est d’arriver à garder son âme d’enfant. Car c’est bien joli de lister les responsabilités, les obligations mais finalement le plus important c’est d’arriver à être heureux avec ce que l’on a.

Alors oui mon fils, avoir le statut d’adulte est difficile mais il le sera toujours moins si dans ton regard tu arrives à t’émerveiller de ce qui t’entoure, à profiter des instants simples comme une journée ensoleillée, à prendre du temps (toujours!) pour faire ce que tu aimes même si ce n’est que quelques minutes dans ta journée

Ma vie d’adulte n’a jamais été aussi dure qu’aujourd’hui mais elle n’a jamais été aussi belle. Ma vie d’adulte est belle à leur coté. Ma vie d’adulte est belle dans leurs rires, leurs bêtises, leurs câlins. Ma vie d’adulte près d’eux est pleine de couleurs, d’odeurs et de musique. Finalement tous ces efforts que je fournis au quotidien en valent la peine, ce n’est pas grave si je n’arrive pas à avoir tout ce dont j’espérais tant que je palpe le bonheur.

N’ai pas peur mon fils de grandir, n’ai pas peur de ce qu’il t’attend. Tu apprendras comme tu apprends aujourd’hui. Tu auras mal, tu tomberas mais finalement tu te souviendras que du beau, tu te battras pour remonter. Comme dis ta mère quand on est au fond du trou on ne peut que remonter!

Aime, joue, apprend, vit mon amour! Et sache que je serai toujours fier de toi!

Moi, 33 ans, adulte, maman de 4 enfants aux caractères différents, je sais que vous prendrez chacun la route que vous aurez décidé et je ne me permettrai jamais de vous comparer. La vie m’a bien montré que tu peux tout réussir un jour et ne plus rien avoir le lendemain et vice versa alors je ne me permettrai jamais de juger l’instant T. C’est ça mon rôle c’est de vous accompagner pas de vous faire encore plus de mal par des paroles dévalorisantes quand vous trébucherez je sais à quel point cela peut faire du mal. Alors je resterai à ma place et je croirai en vous car vous êtes la plus belle chose que j’ai au monde.

Spizmum

Une rentrée en petite section…

Quand nounou spizou est né un 26 décembre je ne pensais pas du tout mais du tout à sa future rentrée en maternelle. Le système français fonctionne par année. Que ton enfant soit né en janvier, juin ou même fin décembre il intègre la petite section en même temps…

Pour nounou spizou ça a été la galère, le drame même et je m’étais promis que plus jamais je ferai un bébé de fin d’année….

Et donc 3 ans plus tard je tombe enceinte et bébé spizou était prévu pour le 24 janvier. Contente, je me suis dit que j’étais large et qu’il ne pointera surement pas le bout de son nez avant…. Mouahahah belle utopie!

Le 23 décembre à 23h49, il était bel et bien là!

Très vite j’avais pris la décision que je ferai moi même la petite section à la maison. Il serai forcément trop petit pour aller à l’école et je ne voulais absolument pas réitérer l’expérience catastrophique que j’avais connu avec son frère.

Pourquoi avoir autant d’à priori? Pourquoi oublie-t-on que chaque enfant est différent?

Les mois défilent, les années passent, les projets changent. Bébé Spizou évolue à la vitesse de l’éclair! Bien qu’il eut été un BABI, il avait clairement pris son envol vers l’autonomie.

Un vrai moulin à parole, pas de dada, de tuture et compagnie, il s’exprime avec les bons mots et utilise très rapidement le « je ». J’ai eu du mal au départ car cela ne nous était jamais arrivé. C’est même déroutant de voir un petit bonhomme de deux ans s’exprimait ainsi…

Du fait qu’il soit à l’aise nous avons même fait une journée découverte avant les vacances de Pâques. Tout s’est passé à merveille et la directrice était même d’accord de le prendre quelques mois avant les grandes vacances… Mais finalement c’est moi qui n’était pas prête. La propreté était en cours d’acquisition, il était très bien chez sa nounou, je n’ai vu guère d’intérêt de le mettre déjà dans le bain du système scolaire.

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Puis il y a eu les vacances avec notre départ dans notre famille dans le Sud.Il a régressé niveau propreté ( nouvel environnement, nouvelles règles de vie…. Beaucoup pour lui et ses 30 mois et quelques). Quand nous sommes revenus j’ai cru que l’on allait devoir tout recommencer et en fait non. Il a repris son quotidien, ses habitudes et tout se passa pour le mieux.

Le 1ier septembre est arrivé. Un boule au ventre oppressante était là. Elle m’a envahi de stress car aujourd’hui d’une part mon grand rentrait au collège seul et d’autre part mon bébé faisait lui aussi sa rentrée officielle à même pas trois ans. La phrase que j’ai le plus entendu ce jour là fut « Maintenant que les quatre sont à l’école tu vas être tranquille » heuuuu comment dire… Oui, je n’ai plus de bébé à la maison mais l’école n’est pas pour moi un gage de tranquillité. Bref, je souris et je pars emmener mes 3 à l’école primaire.

Pas de cris, pas de pleurs, pas de koala attitude…..(mais où est mon bébé??!!!) Alors qu’il est entouré de drame, lui joue calmement, sereinement. Il m’embrasse et me dit à tout à l’heure. Il a totalement confiance car si je l’amène là c’est que cela doit être bien. La claque et c’est moi qui pleure dans ma voiture.

Il s’adapte très rapidement, participe aux ateliers avec joie, s’exprime avec clarté mais (et oui il fallait un mais quand même!) je le sens qu’une journée complète sera bien trop longue (du moins pour l’instant).

J’ai une nounou en or! Non mais vraiment! Bienveillante, passionnée et Bébé spizou l’aime de tout son cœur. Je parle avec elle de mon sentiment et nous décidons ensemble qu’il ira à l’école que le matin et finira sa journée chez elle. Il pourra ainsi partager un repas tranquillement, faire une sieste dans un lieu calme et vivre à son rythme.

Combo parfait! C’est exactement le rythme qui lui faut et ça se voit. Il va à l’école avec entrain, il se repère et connait le déroulement de la journée et il n’est pas sur les rotules en fin de semaine.

Comme quoi on se crée des appréhensions avant même que les évènements arrivent. Cela m’aura appris à me faire confiance en tant que mère et surtout à l’écouter lui, mon bébé bonheur.

Prendre le temps de regarder son évolution, prendre en compte ses capacités et avancer mains dans la mains vers un futur prometteur.

Cette dernière première rentrée est un peu une cerise sur le gâteau que je garde bien fort contre mon cœur. Un très beau cadeau de la vie qu’il faut savoir apprécier à sa juste valeur. Une douceur de la vie lorsque l’on vit des moments difficiles. Bref, une très belle victoire que j’avais envie de partager…

Spizmum

 

Ces matins avec lui

Comme vous le savez si vous me suivez un peu sur les réseaux sociaux, Grand Spizou a fait sa rentrée au collège cette année. . .

Un monde sépare l’école primaire et le secondaire. C’est exactement pareil pour nos enfants et il faut réapprendre à s’adapter à ses nouveaux besoins.

Grand Spizou est un enfant qui a besoin d’être rassuré malgré son envie d’être grand. Il a toujours ses troubles de l’attention qui lui créent tout un bazar dans son quotidien et dans sa tête. Pas facile lorsque le maitre mot de la réussite au collège est ORGANISATION. Un accompagnement est donc nécessaire pour l’amener à une certaine autonomie, à le rendre libre.

Fin aout, j’ai du faire le constat alarmant que j’avais omis de l’inscrire au bus. Bus qui passe à 30 mètres de chez nous à 7h30. En appelant je ne m’attendais pas du tout mais DU TOUT à ce que l’on m’annonce qu’il ne restait plus de place!!!! Il allait donc être sur liste d’attente… mais le soucis c’est que je ne pouvais pas être à 8h10 devant le collège à 15 km de la maison ET 8h25 à l’école des 3 autres ..

Heureusement que la personne que j’ai eu au bout du fil à chercher avec moi une solution et m’a proposé que Grand Spizou prenne le bus dans le bourg ( à 5 minutes en voiture de la maison) car il restait 1 place!! BANCO! Je prends (ai je vraiment le choix de toute manière?)

Je dus réfléchir à une nouvelle organisation et c’est comme ça que depuis le 1ier septembre je partage le petit déjeuné qu’avec lui.

Je me lève une demi heure plus tôt que tout le monde. J’ai réellement besoin de ce moment à moi pour appréhender cette nouvelle journée qui commence (surtout en ce moment…). Ça me permet d’être prête et disponible pour mes enfants lorsqu’ils se réveillent. Mais je déjeune avec Grand Spizou (et qu’avec lui!).

On prépare ensemble la table, on met de la musique ou pas, on se fait griller les tartines. Naturellement il m’exprime ses sentiments, ses ressentis. Il me parle librement et me pose les questions qui le turlupine comme si il avait besoin d’évacuer le trop plein de bordel qui le submerge dès le matin.

Puis il se prépare pour le collège avant  que je le conduise au bus en m’arrêtant quelques mettre avant car « c’est bon maman je suis un grand » et cela même par temps de pluie. Il jette un dernier coup d’œil au rétroviseur pour vérifier qu’il n’a pas de trace de rouge à lèvre et part fier comme un coq affronter sa journée bien remplie de collégien.

Grâce à ces petit déj j’ai pu me rendre compte à quel point il a grandi. A quel point j’aime parler avec lui et qu’il peut m’apprendre des tas de choses. J’ai vu aussi qu’il me connaissait de plus en plus et ses preuves d’amour en sont que plus grandes.

Ce moment de partage permet de garder un lien de confiance. La communication est naturelle entre nous deux et cela me rend sereine. Je sais que petit à petit il aura moins besoin de ce tête à tête alors j’en profite. Finalement je suis contente qu’il n’y ai plus de place dans le bus d’à côté. Cette place en moins m’a offert de l’or dans ma vie de maman.

Je le vois, je suis fière, je savoure, je l’aime toujours plus. Mon petit garçon est devenu mon préado et malgré le quotidien je ne loupe aucune victoire de son évolution.

 

Bonne journée

Spizmum

Maman passe un concours

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Cela fait depuis longtemps que je ne suis pas passée par là mais la raison se résume en une seule phrase

Maman passe un concours…

Lorsque j’ai pris cette décision en aout dernier je ne pensais pas à quel point cela allait avoir un impact sur les différents plans de ma vie.

Personnel déjà

C’est une décision que j’ai prise, un objectif à atteindre, un besoin de faire ce que j’aime. C’était aussi me remettre en question sur mes capacités, sur mon attitude face à ce nouveau statut. Faire face aux multiples difficultés…

Ma première difficulté fut de me rendre compte de l’ampleur du travail… Au départ j’étais utopique et je pensais qu’avec 4h par jour 5 jours par semaine cela suffirait amplement pour y arriver…. Heuuuu clairement je me mettais de belles œillères !! Car au bout du compte avec 6 à 8h par jours SANS journée off je n’ai clairement pas cette impression d’être « à l’aise ».

Travailler SEULE! S’auto-gérer, se motiver, s’acharner, accepter de ne pas y arriver et essayer encore… Ça a été un véritable travail sur moi même. Les cours du CNED sont très bien fait mais ils demandent beaucoup de rigueur, de recherches et je me suis vite rendue compte que mes années d’étude étaient bien loin dans ma mémoire. Retrouver des réflexes, apprendre, réinvestir ses compétences, autant de challenges à relever jours après jours.

Se faire confiance! Oui c’est une des clés pour passer un concours tel que celui de professeur des écoles. Tu as en concurrence des requins, de vrais concouristes! Personne ne te laissera sa place alors il faut se faire assez confiance pour se dire que OUI tu peux y arriver. Se dire qu’on est capable de le faire mais il est important de savoir que c’est un combat pour toucher son rêve et que le monde des bisounours n’existe pas. Avoir confiance en son travail, non personne n’aura ce concours sur un malentendu ou « au petit bonheur la chance » on est trop nombreux, ils ne prendront que les meilleurs surtout dans mon académie réputée être une des plus difficile d’accès….

Se préparer à l’échec car oui c’est une possibilité et après des mois de travail il faut savoir l’envisager et être prête à recommencer car ne jamais l’oublier que c’est ce que je veux faire et que j’y arriverai.

Passer un tel concours m’a changé! J’ai acquis énormément de connaissances. Je me suis remise beaucoup en question sur ma façon de penser, de réagir, d’être. Certaines  valeurs ont tout d’un coup pris des définitions précises et j’ai donné de réelles limites. Je sais ce que je veux, ce que j’aime mais aussi ce que je trouve intolérable, injuste, faux, hypocrite. Je suis devenue tranchante sur mes opinions à force de m’informer, de rechercher, j’ai beaucoup de mal à accepter le « à peu près ». J’arrive désormais à voir les points positifs (ceux que j’ai toujours vu) mais surtout je me suis enfin réveillée sur les points négatifs, les dangers, les fourberies… notamment sur les échanges internet et des belles vitrines qu’offrent certains blogs, certains forums, toutes plateformes pouvant te donner des « réponses » à tes recherches. Je prenais exemple sur des personnes en les admirant, en les portant dans mon cœur et finalement j’étais juste derrière une belle façade car la réalité est tout autre et bien évidemment celle ci il ne faut surtout pas en parler.

Devenir professeur des écoles c’est d’avoir la responsabilité d’enfants et tu te dois d’être vrai, tu te dois d’être clair et honnête sur qui tu es car on ne s’amuse pas avec des enfants (ni avec des adultes d’ailleurs à mon sens). Il faut savoir aimer et s’aimer car il est difficile de transmettre, de partager si ce sentiment n’existe pas.

Cette année de travail m’a montré que je ne pouvais pas perdre de temps. Car le temps est précieux et il faut savoir l’utiliser à bon escient. Et j’ai pris du temps pour ma famille, j’ai pris du temps pour mes amis, désormais je sais ce qui en vaut la peine ou non.

Sur le plan familial

Maman passe un concours

Au départ les enfants ont pris ça comme un jeu ou quelque chose qui n’allait pas durer que de toute manière si maman décidait d’être maitresse c’est qu’elle allait le devenir …vite (ils sont choux ses petits). Mais petit à petit ils m’ont vu m’enfermer de très longues heures dans mon bureau, ils m’ont vu râler, craquer, et pester sur des maths, du français … Ils ont commencé à prendre la notion de temps et que quand j’arrêtais et que j’étais avec eux c’était à 100%. Ils ont vu que je profitais de nos moments comme s’ils avaient compris que c’était ma bouteille d’oxygène. Bébé Spizou s’est adapté à être chez « tata » pour que maman travaille. Un nouveau rythme s’est enclenché que l’on a apprivoisé mais qui a connu tout de même de beaux tsunamis.

Et oui car la vie est son flot (son fléau) de problèmes n’allait pas s’arrêter et il a fallu gérer! Aucun enfant rentre dans la norme et les miens ne dérogent pas à la règle… Dans « Maman passe un concours » il y a bien le mot maman et tout ce que ça représente. Cette année il a fallu gérer les soucis médicaux, psychologiques, scolaires… Ne jamais remettre cela à plus tard car plus que jamais je le sais le temps est précieux! Tu te rends compte que ton enfant a une difficulté un soucis tu te dois en tant que mère de retrousser tes manches et t’en occuper MAINTENANT! Non ça ne passera pas tout seul, non ils ne sont pas assez grand pour y arriver de façon autonome tu dois le faire et laisser tout autre activité de côté, même si tu as une dead line ce n’est pas grave. Tu es maman, tu es responsable, tu es responsable d’eux et de ce qu’ils vont devenir.

Mes moments passés avec eux sont devenus des moments de qualité. Car en apprenant, en m’informant, j’ai appris à changer mon propre comportement. Rien n’est parfait aujourd’hui car oui ils jouent trop aux jeux vidéos, oui ils ne se couchent pas forcément à heure fixe, oui ils poussent les limites mais ils savent pertinemment qu’ils sont ma priorité et qu’ils peuvent me faire confiance.

Mes enfants sont fiers de moi. Par mon comportement ils savent ce que c’est l’effort qui récompense, ils savent que quand on est adulte il faut donner le meilleur de soi même pour y arriver. J’ai appris à demander pardon pour mes actes manqués, mes maladresses, mes moments d’inattention et nous avons avancé.

J’ai changé sur bien d’autres plans de ma vie mais cela reste mon expérience. Si tu décides en tant que maman de passer ce concours prend cet article pour ce qu’il est : MON EXPERIENCE. Tu le vivras surement différemment, tu trouveras certaines similitudes (comme la notion de beaucoup travailler à moins que tu sois la science infuse) mais cela reste un écrit d’expérience.

La seule chose que je pourrai vraiment te conseiller c’est d’avoir confiance en toi, de croire en toi.

Bon je retourne travailler car le 12 mai j’aurai la réponse qui me dira si oui ou non je suis admissible pour passer les oraux et que je n’ai pas envie d’attendre cette date pour m’y mettre. Je veux croire que oui j’irai et si je n’y vais pas… je recommencerai encore et encore.

Bonnes journée à tous

Spizmum

 

 

Trois ans de vie commune avec madame surdité #lettreouverte

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Chère surdité 

Je ne sais pas par quoi commencer tellement j’ai de chose à te dire.

Tu es arrivée dans ma vie sans crier gare.

Je ne te connaissais pas.

Avec humour je peux dire que j’entendais beaucoup parler de toi. Tu t’es inscrite dans ma vie bien remplie par le biais le plus in sinueux en touchant mon enfant, ma chair.

3% de risques à chaque grossesse et tu nous as choisi, tu l’as choisi en t’encrant dans son identité…

Nos premiers temps ensemble, je t’ai vécu comme une révolte! Chaque début d’histoire commence toujours par des sentiments extrême ce fut le cas avec toi.

J’ai cru que tu voulais la guerre et finalement c’est en acceptant que j’en ai vécu la victoire.

« Il deviendra sourd profond madame ».

Pourquoi voulais tu me voler le son de mes « je t’aime mon enfant »?

Tristesse, culpabilité, découragement tant de sentiments sont venus tel un tsunami me submerger.

Trois ans et finalement…

Finalement je t’ai accepté, je t’ai même trouvé des avantages! 

Tu es bien plus qu’un mariage car avec toi je sais tu ne nous quitteras jamais, on cohabitera d’une manière ou d’une autre ensemble.

Tu es forte! Tu m’as fait me remettre en question. Tu m’as fait cogiter mais face à toi je n’ai jamais baisser les bras!

Au contraire même j’ai levé les mains bien haut pour t’applaudir. J’ai appris à utiliser mon corps pour donner de la voix. 

Et au bout du compte je t’aime bien. Oui je t’aime car tu m’as prouvé que les paroles c’est bien mais les gestes c’est mieux.

Je t’aime car aujourd’hui je n’imaginerai jamais mon fils sans toi qu’il est parfait ainsi. En lui, face à lui je ne peux que montrer le meilleur de moi même.

Bien évidemment tu nous joues des tours et l’on doit essayer de te gérer. Mon enfant est tout sauf dans un monde de silence. Il vit dans son bruit à lui, dans son bruit à nous.

Ma chère surdité, que j’ai apprivoisé, merci de cet être merveilleux  dont j’ai l’immense chance d’être sa maman. 

Je continuerai à t’observer, à t’étudier, à te comprendre. Aujourd’hui je ne suis plus triste, je ne souffre plus à cause de toi. 

Alors joyeux 3 ans même s’il est vrai que j’aurai aimé que tu manifestes ta présence avant et non pas à lauré de ses 5 ans. Bref je ne t’en veux pas après tout, c’est comme ça, c’est la vie comme dirait les anciens 😉

Bises

Spizmum

Taximum it´s me le mardi et le jeudi

  
Avoir des enfants avec une différence implique forcément un suivi auprès de professionnels et ça fait bientôt 3 ans et demi que je joue le rôle de taximum pour mes minots. 

Depuis 17 mois maintenant je trimballe bébé Spizou dans ces périples et il ne connaît que trop bien ces salles d’attente…

Au début c’était simple il dormait ou était blotti contre moi mais maintenant qu’il court, grimpe, râle ces heures d’attente deviennent laborieuses et épuisantes…

Mais voilà j’ai fait le choix de faire des enfants et je souhaite qu’ils soient tous autonomes avec les armes que la vie leur a autorisé à avoir.

Alors les mardis et jeudis je cours (plutôt je conduis) entre l’école, l’ortho,  le pedopsy, encore l’école….

Rien qu’aujourd’hui je suis allée chercher nounou à 14h10 à l’école (et donc sorti bébé Spizou de la voiture et remis 5 min après .. Le drame!)pour l’amener à 14h30 chez l’orthophoniste. 

Évidemment il pleut donc pas de balade possible et 45 min à attendre dans la salle d’attente…

Puis on repart pour l’école on ressort bébé Spizou de la voiture qui se met à hurler car il voit son frère partir mais comme il pleut pas la peine d’aller au parc donc balade en voiture car dans à peine 20 min on doit prendre grand Spizou pour l’amener au pédopsychiatre. 

Bébé Spizou s’endort dans la voiture, on récupère le grand et on repart pour 15 bornes…

Arrivés là bas la séance commence et on doit attendre 40 min avec bébé dans la salle d’attente… Puis le pedopsy t’appelle pour debriefer…

Debriefer avec un 17 mois touche à tout et ben c’est sacrément compliqué! 

Puis vient la phrase « à la semaine prochaine! » Qui te rappelle que ce même périple va revenir et que tu pries qu’il fasse beau! 

Je t’epargne le retour à la maison avec numéro 2 et 3 qui arrivent en bus comme des furies car ils ont faaaaaiiiiimmmm et le texto de Spizdad qui t’annonce qu’il finira plus tard….

Après bain, douches, disputes, tracas, devoirs, pleurs de fatigue du numéro 4, l’homme arrive, prends le relais que 20 minutes car il est déjà l’heure de coucher bébé…

Donc oui j’ai vraiment l’air d’être une taximum car à chaque rendez vous j’essaye de profiter dans la voiture d’avoir un moment particulier avec mes fils. C’est souvent dans ces trajets que j’apprends leurs petits secrets, leurs joies, leur peines.

Je suis toute à eux et c’est journée là me le rappelle et me le prouve. 

Je ne vais pas te dire que je n’y vais jamais à reculons (je suis humaine je te le rappelle!) et que j’ai soufflé de soulagement lorsque j’ai eu un appel pour annuler un rendez vous car le monsieur ou la madame n’est pas la… Évidemment je me suis souvent remise en question dans le fait d’infliger ce marathon à mon bébé…

Mais voilà j’ai voulu mes enfants et je suis certaine que toute leur vie ils se souviendront de leur taximum qui planquait des gâteaux pour les réconforter après leur rendez vous 😉

Cand, Taximum

Ps: si tu as des idées d’activités pour la salle d’attente n’hesites pas à me les dire j’en ai encore pour quelques années !

Harcèlement à l’école , une victime de plus mon fils…

Je ne pensais pas que ce sujet qui fait tant débat sur la toile allait nous toucher… Et pourtant.

Je pensais qu’en quittant Marseille mes minots allaient être à l’abri … Et pourtant.

Je pensais qu’après les événements de ce début d’année le respect avait été compris de tous …. Et pourtant.

Et pourtant, vendredi dernier mes enfants sont rentrés en bus comme tous les vendredis.

Grand Spizou emmitouflait dans son manteau me demanda d’une voix timide si j’avais eu un appel de la mairie.

« Qu’a t il pu bien faire encore ? »

Mais je ne m’attendais pas à ça.

Depuis le début de l’année grand Spizou à un camarade footeux qui le « taquine » sur le fait qui vienne de Marseille. Rien de bien méchant me direz vous? Encore et toujours l’éternelle gué guerre du PSG/OM. Simplement cette histoire fut quotidienne et j’en ai averti l’enseignante. Elle avait transmise l’information aux parents et je cru l’histoire réglée…
Mais cet ENFANT a continué ses moqueries sans que mon fils m’en face vraiment part.

Oui mon fils est gauche, oui il fait souvent le pitre pour attirer l’attention, oui il a du mal parfois à comprendre les choses simples et surtout mon fils est d’une très (trop) grande gentillesse…

Et ce vendredi, ce garçon a trouvé très amusant de jouer à jeter des couteaux sur lui. A un moment donné, mon fils a voulu ramasser son pain tombé par terre (oui il est maladroit…) et il s’est pris le couteau à 1 cm de l’œil gauche!

Il a mal et il saigne. Il se lève pour aller le dire aux dames de la cantine et là cet ENFANT de 9 ans s’est mis à crier dans la cantine « si tu le dis je te bute dans le gymnase! Tu entends je vais te tuer!! »

Il l’a répété à plusieurs reprises…

Comment des paroles aussi haineuses peuvent sortir de la bouche d’un enfant de 9 ans ?

Je ne comprends toujours pas…

Biensur j’ai su toute l’histoire après de longs moments en tête à tête avec mon grand… Je n’ai pas mangé ce soir la, très peu le lendemain tellement j’avais l’estomac noué. Ma nuit fut entremêlé de réveils comme lui d’ailleurs. Jusqu’à ce qu’enfin il se libère et qu’il mette des mots sur son ressenti.

Tu sais maman j’ai peur de tout mais la j’ai eu peur de mourir alors que je ne lui ai rien fait

Cœur de maman en mille morceaux cœur d’enfant abimé.

Lui redonner la confiance fut notre priorité!

C’est allé trop loin pour un simple petit avertissement sur une lettre sachant que l’enfant collectionne les mots sur son carnet.

Il faut réparation pour que mon grand arrive à se reconstruire après cet épreuve.

Il ne faut rien laisser de côté !

Le lendemain nous sommes allés constater la blessure auprès de notre médecin. C’est important que grand Spizou voit que les adultes sont de son côté. Que c’est lui la victime et qu’il n’a pas à avoir peur.

Aujourd’hui je suis allée à l’école pour amener son arrêt de 7 jours et m’expliquer avec l’équipe enseignante. L’enfant est sanctionné mais surtout le débat dans les classes a été lancé!

Personne n’a le droit de faire du mal et de menacer de mort!

Demain nous avons rendez-vous avec le maire, l’équipe de cantine, les parents et l’enfant.

Je souhaite que cet enfant comprenne l’importance de ses actes et qu’il s’excuse devant tous et surtout devant mon fils.

L’enfance devrait être joyeuse à 9 ans.
L’école doit être trop cool à 9 ans.
Les copains doivent être super important à 9 ans.
La haine n’a pas sa place.
La méchanceté n’a pas raison d’être.

Cela m’a montré que le harcèlement peut être partout! Grande ville comme petit village. Et pourtant…

Mercredi il souhaite retourner à l’école car il veut montrer qu’il est courageux et qu’il n’a pas peur car il sait qu’il n’est pas seul. Ses amis ont téléphoné pour savoir comment il allait. Ça nous a touché. Par contre aucun appel des parents de l’enfant… À leur place c’est sûrement la première chose que j’aurai faite… Demander des nouvelles…

Du coup je vis un peu le rendez vous de demain comme une « confrontation » et j’espère me tromper.

En attendant je fais l’école à la maison et nourris ma relation avec mon grand de rire, de sourires et de câlins.

Cand, spizmum

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