Lifestyle, bla bla, bien-être

Vous avez du temps

C’est cette phrase, au bout du fil, qui m’a tourbillonné mon être. Bien sûr que j’espérai plus que tout l’entendre un jour. Je m’étais habituée aux mauvaises nouvelles, pas aux bonnes ! Un brouillard instantané mais un bonheur immense.

Peu patiente de base, j’ai tout fait en accélérer. Mariages, enfants, les conneries, rien dans la demi mesure. Je fuyais quoi sérieux? Pourquoi j’étais si pressée?

Mais j’aimais profondément cette vie à cent à l’heure. Une vie sans pause. Une vie qui s’avère avec le temps épuisante!

Et j’ai cru que tout allait bientôt s’arrêter quand j’ai commencé ma crise de lupus et que j’avais eu déjà des traitements qui ne fonctionnent plus. Alors j’ai vécu plus fort. Totalement entière j’ai exploité mon côté sombre et lumineux. Femme libre et libérée, mes envies de l’instant dictaient mes choix.

Aujourd’hui on m’a annoncé que j’allais avoir du temps. Du temps pour entreprendre réellement mes projets. Du temps pour m’investir sur du plus long terme. Du temps pour vivre.

Je crois que les larmes peuvent être contagieuses et ce sont des larmes de joie que j’ai partagé avec l’annonce de mes résultats sanguins. Avec l’infirmière au bout du fil (big up à toi ma Soso car je sais que tu vas passer par là ) puis mes enfants, mes proches, mes amis … j’ai partagé ce chamboulement positif. Ce souffle d’espoir indiquant que je suis sur la bonne voie de la guérison.

Décrire cette joie… c’est comme si je reprenais mon souffle. Ma force, mon mental, mon acharnement me permettent de dire que je peux patienter, je ne suis plus pressée. Je suis un phœnix qui a appris, qui se bat et surtout qui réussit sa régénération.

J’ai décidé de travailler sur ma patience. Mon talon d’Achille. Je suis une « tout et tout de suite ».

Mais on m’a appris à prendre mon temps. J’ai essayé. Ce n’est pas évident quand ce n’est pas naturel. Mais ça change tout! Quand tu joue avec la patience c’est comme une danse. Au départ tu te laches discretement (le pti mouvement d’épaule tu connais) et au fur et à mesure de la musique tu te laisses envahir par les émotions. Tu te laisses aller. Tu kiffes ,tu ressens l’énergie. Et viens l’apothéose quand tu deviens la reine du dancefloor… le crescendo est magique. Le forte sera à ton diapason.

La patience c’est pareil. Au départ elle te taquine en te mettant dans l’attente. Elle te frustre, te fait sortir de tes gongs quand elle décide que ce n’est pas le moment. Puis vient cette libération et la récolte de ce que tu as semé pendant cette cohabitation.

J’ai commencé à aimer la patience parceque je l’ai comprise. Parfois elle est nécessaire. Pour du mieux.

J’ai envie de vivre des choses intenses. J’ai gagné une bataille aujourd’hui et je peux te dire que je déborde d’émotions! Je boue de l’intérieur! Mais j’ai le temps de les vivre et je veux en prendre conscience.

Alors oui, je vais prendre mon temps pour ce qui compte pour moi. Je vais travailler ma patience pour qu’elle soit une alliée à ma vie et non le reflet d’une blessure d’abandon en cours de traitement (avec sa pote la trahison).

C’est fou comme cette annonce a modifié mes besoins. Je sais que je peux y arriver. Je m’octroie le droit à de voir plus loin.

Je n’ai jamais autant développer mon pouvoir intuitif que depuis que je suis malade. J’en entends déjà dire que c’est normal de se raccrocher à quelque chose la pauvre elle est seule.

Je suis très contente de mettre attardé sur mes capacités, sur mes valeurs. J’ai appris à choisir qui je veux être , comment je veux agir et avec qui. Je me suis créée, j’exploite mes potentiels sans me soucier du bien pensant.

Je me sens sereine, alignée et très honnête envers moi même et en ce que je ressens.

Mais comme tout bon verseau qui se respecte, exprimer ses ressentis et ses sentiments c’est LE truc qui le déstabilise (avec le conflit…Super pour la communication )

Des fois, je me dis qu’heureusement je vous « parle » car seule tous les soirs (enfin non ce n’est pas tout à fait vrai …. ) je communique finalement peu sur les sentiments, les émotions. L’écriture me permet d’avoir les discussions profondes que j’aimerai partager au quotidien à ma moitié. Quand je vois le nombre de notes que j’ai sur mon téléphone, en effet c’est mon moyen de communication préféré mais peu adéquate. Certains mots méritent un regard, une voix, un touché… mais ça je n’y arrive pas, c’est comme une migraine instantanée. J’ai une peur paralysante, j’ai besoin d’être apprivoisée pour y arriver…

Parfois ça sort, car la main à été tendu. Ma sœur a mis plus de 7h à me sortir les vers du nez pour savoir ce que j’avais au fond de moi. Connaître ce qui me bloquait. Mon secret (en utilisant des moyens ps très catho mais la soirée fut mémorable!). Ça m’a tellement libéré de lui parler, j’ai eu peur pour RIEN! Et pourtant j’ai du mal à sortir du schéma et garde mes potes « humour et paroles crues » pour éviter les sujets sérieux qui parlent de moi.

Par contre, je suis une très bonne oreille. J’écoute vraiment. Je ne juge jamais. Je vois que l’on me fait confiance… il paraît que les cordonniers sont les plus mal chaussés. Je pense qu’il est temps d’inverser la tendance et même si ça prend du temps ce n’est pas grave car j’en ai !

« Tout ce qui en vaut la peine, mérite la patience »

Je laisse venir à moi ce qui doit venir et je laisse ce qui doit partir. Je me fais confiance car je mérite enfin le beau et je le sais!

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